Société Nationale de l'Histoire et du Patrimoine de la Gendarmerie - Force publique - SNHPG
histoire de la gendarmerie
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ACTUALITÉS

Soutenir l'action républicaine à Notre Dame des landes

Alors que les opérations d'évacuation des sites illégalement occupés – 8 jours au total - s'achèvent à Notre Dame des Landes, il n'est pas possible de rester silencieux sur les violences insupportables dont sont l'objet les gendarmes.
Il faut saluer à cet égard les propos du Président de la République tenus à l'occasion sa dernière intervention télévisée et relayés par la presse celui-ci jugeant « inadmissible » les 60 gendarmes blessés, dont certains gravement, et déclarant que la colère des zadistes « n'est pas légitime » et que « l'ordre républicain doit être respecté ».
Il faut saluer le sang-froid des gendarmes et la manière dont ils mettent en œuvre la force légitime. La violence qui est à l'œuvre est une violence de haine, mise en œuvre par des extrémistes dont la philosophie est l'anarchisme et qui s'attaquent clairement aux principes démocratiques et républicains. Ce sont des groupes qui non seulement répondent à la définition de bandes violentes (article 222-14-2 du code pénal) mais surtout, les faits étant commis, de bandes organisées ou de guet-apens (article 222-14-1 du code pénal). Mais l'action de ces individus, membres de ces groupes et en raison des objectifs politiques qu'ils poursuivent et des violences qui en sont le moyen pourraient être qualifiés de mouvement insurrectionnel (article 412-3 du code pénal) car il s'agit ni plus ni moins de sédition comme l'ont clairement laissé entendre ces individus.

Ceux qui ne condamnent pas ces comportements, les regardant parfois même avec sympathie, les encouragent clairement et sont complices de cette violence, violence dont en revanche serait coupable la force publique. Ce faisant, ils légitiment la violence politique, quand ils n'en rêvent pas eux-mêmes. Ils fragilisent de manière inacceptable notre système démocratique à l'heure où il est plus que jamais nécessaire de le renforcer.
Nos gendarmes, seuls engagés dans ces opérations, font honneur à notre République et à leur serment, en mettant en œuvre une force mesurée, dégagée de toute haine et en encaissant sans broncher. 75 gendarmes ont ainsi été blessés à des degrés divers dont une trentaine par coups ou projectiles, 27 par traumatisme sonore et 8 par brûlure ou criblage. Ils auront procédé avec méthode, loin de l'enlisement évoqué par certains, selon la planification réalisée et dans l'espace-temps déterminé, réduisant plus d'une centaine de barrages ou barricades pendant que les moyens spécialisés chargés de détruire les implantations illégales évacuaient 1 900 m3 de déchets.

L'emploi de la force en démocratie, n'est ni de la violence d'Etat, ni de la « violence légitime » et encore moins de la violence policière. La violence, dans ses ressorts, est illégitime par nature. Une nouvelle fois, ces délinquants mènent une « guerre des perceptions » pour reporter sur les gendarmes la responsabilité d'affrontements dont ils sont les concepteurs et les acteurs et dont la seule méthode revendiquée est la violence. Il est temps que les masques tombent (et nous noterons aussi, au-delà des armes, qu'il est interdit de porter des cagoules à l'occasion de rassemblements, le port de cagoule étant une circonstance aggravante) ! Il est temps que nos concitoyens s'insurgent et que cette violence déplacée en démocratie soit définitivement délégitimée. C'est un enjeu stratégique. On ne peut que saluer également la réponse immédiate et sévère apportée par la justice sur le fondement de l'apologie du terrorisme aux propos scandaleux tenus par Stéphane POUSSIER à la suite du sacrifice du Lieutenant-colonel BELTRAME : « A chaque fois qu'un gendarme se fait buter [...] je pense à mon ami Rémi Fraisse », un jeune militant écologiste tué en 2014 par une grenade tirée par un gendarme (…) « Là c'est un colonel, quel pied ! Accessoirement, encore un électeur de Macron en moins ». Comment un citoyen français peut-il en venir à tenir de tels propos ? Regardons à cet égard lucidement les choses : il existe malheureusement une certaine recherche de « convergence », mot à la mode, entre ces anarchistes et ceux qui cherchent à enflammer certains quartiers pour mieux protéger leurs trafics ou ceux qui, dans les universités, s'emploient à les paralyser. Là aussi, il faut saluer les décisions prises à l'encontre des individus interpellés à Notre Dame des Landes, six peines d'emprisonnement ayant d'ores et déjà été prononcées par le tribunal correctionnel de Nantes dans le cadre de comparutions immédiates.

Au plan tactique, l'histoire retiendra que pour rétablir l'ordre et faire respecter la loi, il faut dans ces circonstances entre 3 et 10 gendarmes pour un manifestant ; que cet effort touche à ses limites et que pour tenir dans la durée et garantir cette liberté d'action il conviendrait donc d'accroître sérieusement les capacités et les moyens dans le cadre du traitement global, administratif et judiciaire, de cette menace qui met gravement en cause les libertés publiques et les principes démocratiques et républicains. Elle retiendra aussi l'entrée résolue dans la guerre des perceptions afin de tuer dans l'œuf médiatiquement toutes les tentatives injustifiées de délégitimation de l'action des forces de sécurité. Elle retiendra enfin l'engagement personnel du directeur général de la gendarmerie nationale en première ligne, tant dans la phase longue de planification gouvernementale que sur le terrain jusque dans la ligne de contact, marquant à la fois l'enjeu politique de réussir ces opérations, la certitude dans la capacité à maîtriser l'action et enfin l'appui moral apporté directement aux forces engagées afin qu'elles conservent partout la maîtrise de la force.
 
Pour lire le Communiqué de presse du procureur général près la cour d'appel de Rennes, cliquez ICI

 

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Hommage national au Colonel Arnaud Beltrame

"Avec plusieurs membres de l'association, j'étais présent aux Invalides pour honorer le colonel Arnaud BELTRAME. Je ne peux que vous encourager, chers adhérents et chers lecteurs à lire et écouter le discours magnifique prononcé par le chef de l'Etat, devant la Nation et la gendarmerie nationale sous les armes avec ses emblèmes. Tout y est dit ! Je retiens, au delà de la profonde reconnaissance à l'égard de ce héros et de sa famille, ces mots : "Arnaud BELTRAME rejoint aujourd'hui le cortège valeureux des héros qu’il chérissait. (....) Sa mémoire vivra. Son exemple demeurera. J’y veillerai ; je vous le promets. Votre sacrifice, Arnaud BELTRAME nous oblige". Oui, il oblige chaque citoyen et il oblige plus encore les militaires de la gendarmerie, auquel le chef de l'Etat s'est adressé sans ambiguïté dans sa fonction de chef des armées. Le chef des armées et Arnaud BELTRAME appellent les militaires de la gendarmerie à l'excellence et à l'exemplarité militaire. En honorant séparément le héros d'une part, les victimes d'autre part, le chef de l'Etat, chef des armées, rappelle que le militaire ne saurait être victime en allant jusqu'au don de sa vie. C'est le choix d'un engagement délibéré. Voilà un programme qui ne peut que nous convenir".

Accéder à l'allocution...

 

Communiqué du Président de la République aux gendarmes nationaux

En ce moment de deuil, je tiens à exprimer la tristesse partagée de la Nation face à la perte du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, qui était votre collègue et pour certains votre ami.

En se substituant volontairement au dernier otage du terroriste, il a choisi de sauver des vies au péril de la sienne. C’est un acte héroïque qui dépasse toutes les missions qui lui étaient confiées et qui bouleverse les Français.

Malgré l’effroi d’une nouvelle attaque terroriste sur notre sol, sa bravoure honore le pays et la gendarmerie nationale. Les Français sont saisis de respect et d’admiration face à son abnégation et son sacrifice.

Son courage exceptionnel nous a rappelé à tous la valeur de l’engagement des forces de l’ordre et des forces de sécurité pour assurer quotidiennement la protection et la défense de la population. Depuis vendredi, des français de tous âges et de tous horizons expriment en masse leur reconnaissance à l’égard des services de l’ordre et leur confiance dans l’accomplissement des missions qu’ils portent si haut.

Par ce message que je transmets au général Lizurey pour vous, c’est cette gratitude et cette confiance dont je voulais vous assurer au nom de la République et de tous les français.

Vive la République,

Vive la France !

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Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame nous a quitté

"Ce 23 mars 2018 restera à jamais marqué dans notre histoire du sacrifice du Lieutenant-colonel Arnaud BELTRAME. Ce sacrifice, dans ses modalités et ses conditions, constitue l'ultime aboutissement de l'engagement, celui du don de notre vie. « L'état militaire exige en toute circonstance esprit de sacrifice pouvant aller jusqu'au sacrifice suprême » dit le statut militaire. Mais ce don est souvent entendu dans le cadre d'un combat, d'une action dans laquelle face à l'ennemi ou l'adversaire, nous ne nous sommes pas totalement et volontairement "rendus à merci" de l'ennemi. Or c'est ce qu'a fait cet officier, en connaissance de cause, car il savait que cette femme à laquelle il s'est substitué, n'était pas une otage mais un simple bouclier destiné à accroître la complexité de l'intervention et devant permettre au terroriste de tuer un peu plus de gendarme tout en tuant son "otage". Aussi Arnaud BELTRAME ne pouvait pas ne pas savoir à quoi il serait utilisé. Ainsi, avec les vertus de fidélité (à son serment, à son engagement) et de courage c'est bien l’abnégation,c’est-à-direle sacrifice de soi au bénéfice d’autrui, dans son caractère le plus pur, que le Lieutenant-colonel Arnaud BELTRAME incarne à la perfection. Par son sacrifice, il détruit même le discours d'encouragement au martyr prôné par les djihadistes. Nos pensées vont à son épouse qui partage son sacrifice."

Message personnel du général d'armée Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale

Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame nous a quitté à l'aube, ce matin.
Mes pensées vont, en cet instant, à son épouse, Marielle, ses parents et sa famille. Elles vont aussi à ses camarades du groupement de l'Aude, de la région Languedoc-Roussillon et tous ceux qui avaient eu l'honneur de servir à ses côtés au cours de sa riche et brillante carrière. Elles vont enfin aux militaires engagés dans cette opération et à leur famille. Je leur adresse mon soutien tout particulier, en ces heures douloureuses.

Né le 18 avril 1973 à Etampes (91), le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame a servi la France pendant plus de 22 ans.

Appelé à l'activité le 1er novembre 1995 en qualité d'officier de réserve au sein de l'école d'application de l'Artillerie à Draguignan (83), il se classe parmi les meilleurs de sa promotion à sa sortie, en mars 1996. Nommé aspirant, il commande d'abord une section d'artilleurs parachutistes au 35ème régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes (65), avant de rejoindre le 8ème régiment d'artillerie, à Commercy (55) où il prend la tête d'une section d'observation dans la profondeur en qualité d'officier de réserve en situation d'activité. Résolument engagé dans l'action, apprécié de ses chefs et de ses subordonnés, il est admis sur concours à l'école militaire interarmes de Coëtquidan (56) en 1999 et sort major de la promotion "Campagne d'Italie" en 2001. Il fait preuve d’appréciations particulièrement élogieuses au terme d’une scolarité brillante : « Courageux, il se bat jusqu’au bout et n’abandonne jamais ». Ses cadres soulignent son « esprit résolument offensif face à l’adversité ». Il choisit alors de servir en gendarmerie, où il termine, une fois de plus, major de la promotion "capitaine Gauvenet", en 2002.

Constant dans son goût de l'effort, il rejoint le Groupement blindé de gendarmerie mobile à Versailles (78) où il commande un peloton de VBRG à l'escadron 16/1 et prépare activement les tests d'entrée du GSIGN (GIGN actuel). Energique et doté d'un important potentiel physique et mental, il réussit en 2003 les difficiles tests d'entrée de l'escadron parachutiste d'intervention de la gendarmerie nationale. Il fait ainsi partie des quelques militaires retenus parmi les 80 candidats de la session.
Chuteur opérationnel, il assume les responsabilités d'adjoint au commandant de l'Escadron Parachutiste d'Intervention de la Gendarmerie Nationale. Il participe à de nombreuses missions sur le territoire national et à l'étranger. Il est notamment engagé en Irak comme chef du détachement gendarmerie en 2005, dans des conditions particulièrement dégradées en termes de sécurité. Il conduit ainsi, au péril de sa vie, une mission complexe de récupération d'un ressortissant français menacé par un groupe terroriste, qui lui vaut d’être décoré de la croix de la valeur militaire avec citation à l’ordre de la brigade.

En 2006, il rejoint la Garde républicaine en qualité de commandant de la compagnie de sécurité et d'honneur du 1er régiment d'infanterie à Nanterre (92). Il met au service de la sécurité du Palais de l’Elysée ses grandes compétences en matière de sécurité-protection et veille, par un engagement soutenu, à maintenir son unité à un haut niveau d’excellence. Il se distingue à de nombreuses reprises qui lui valent d'être récompensé par le commandant du régiment et le directeur général de la gendarmerie.

Le 1er août 2010, il est nommé à la tête de la compagnie de gendarmerie départementale d'Avranches (50). Il y réussit de manière remarquable. A la tête de 155 gendarmes, il commande efficacement le service de ses unités et s'engage personnellement pour combattre les phénomènes de délinquance ou organiser la préparation de grands événements, tel que le 100ème tour de France. Homme de terrain, il manifeste une grande disponibilité et se distingue par son autorité naturelle et son implication sans faille. Il reçoit à ce titre un témoignage de satisfaction du commandant de région.

Son excellente manière de servir, l'impression très favorable qu'il inspire et son MBA en Intelligence économique de l'ISC Paris lui valent d’être retenu, en 2014, pour servir au ministère de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie comme conseiller auprès du secrétaire général. Référent en matière d'intelligence économique, il évolue avec beaucoup d’aisance dans un environnement interministériel de haut niveau, mettant en évidence ses belles qualités relationnelles et intellectuelles.

Nommé à l'été 2017 en qualité d'officier adjoint au commandant du groupement de gendarmerie départementale de l’Aude à Carcassonne (11), Il s’impose très rapidement comme un collaborateur précieux de son commandant de groupement, s’impliquant spécialement dans le développement de la capacité de contre-terrorisme des unités de gendarmerie de l’Aude, dans une excellente synergie inter-services.

Le 23 mars 2018, parmi les premiers engagés sur une prise d'otage dans le Super U de Trèbes (11), n'écoutant que son courage, il n'hésite pas à se livrer au terroriste en échange de la vie d'une jeune femme. Il est abattu quelques heures après, avant que ses camarades ne donnent l'assaut pour neutraliser le terroriste. Il décède des suites de ses blessures le 24 mars 2018.

Décoré de la Médaille d'or de la défense nationale en 2009, il était par ailleurs titulaire de la médaille d'Honneur des Affaires Etrangères – Argent depuis 2006. Le lieutenant-colonel Beltrame s'était vu decerner en 2007 une citation à l'ordre de la brigade comportant l'attribution de la croix de la valeur militaire suite à son engagement en Irak. Il était chevalier de l'Ordre National du Mérite depuis 2012.

Agé de 44 ans, le lieutenant-colonel Beltrame était marié, sans enfant. Il est mort en service commandé, dans l'accomplissement de sa mission au service de la France.
Par son geste héroïque et son sacrifice, en toute connaissance du danger auquel il s'exposait, il est allé au bout de son engagement de soldat et de gendarme. Au nom de la Gendarmerie et mon nom personnel, je lui exprime toute notre reconnaissance et notre admiration. Son sacrifice nous rappelle la valeur de l'engagement qui est le nôtre au quotidien, pour protéger la population.

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Au programme de la SNHPG en 2018
 
1er semestre 2018. En partenariat avec l'Association nationale des officiers de réserve de la gendarmerie (ANORGEND), à partir de communications réalisées à l'occasion du colloque "De la Garde de la Maréchaussée...à la Grade nationale - Jalons d'histoire" organisé par l'ANORGEND le 9 novembre 2017 à la mairie de Paris, publication d'un numéro « De la maison du roi à la Garde républicaine », quelle filiation ? »

2e semestre 2018. En partenariat avec la Caisse nationale du gendarme (CNG) qui compte aujourd'hui 300 000 adhérents et à sa demande, à l'occasion du colloque organisé le 25 septembre 2018 pour ses 130 ans, publication d'un numéro sur l'histoire de cette mutuelle professionnelle.
Un numéro de force publique sera consacré aux actes de ce même colloque en partenariat avec la CNG.
 
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EXPOSITION INTERNATIONALE : "LES GENDARMERIES DU MONDE"

Du 5 octobre 2017 et jusqu'au 15 juillet 2018, le musée de la Gendarmerie nationale, à Melun, propose une exposition internationale ambitieuse qui vise à mieux faire connaître les Gendarmeries du monde.

Pour en savoir plus

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Séminaires : histoire des gendarmes et des autres acteurs de la sécurité depuis le XIXe siècle - Séminaire de la Sorbonne et travaux en cours (2018)

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